J’ai toujours été quelqu’un de profondément sensible. Je ressens les choses avec beaucoup d’intensité et, pendant longtemps, je ne savais pas vraiment quoi faire de toutes ces émotions. J’ai parfois eu l’impression de les porter trop lourdement. Mais avec le temps, j’ai compris que cette sensibilité faisait aussi partie de ce qui nourrissait mon écriture.
À 16 ans, j’ai créé mon compte d’écriture. J’ai commencé à partager une partie de ce monde que je gardais jusque-là très près de moi.
Je crois que cette période a aussi changé mes mots. Ils portent toujours mes blessures, mais ils parlent davantage de ce qui reste après elles. De la reconstruction, de l’amour, de l’absence, de la douceur, de ce que l’on retrouve en soi lorsque l’on pensait avoir tout perdu.
Toutes ces années d’écriture ont finalement donné naissance à deux recueils de poésie. Deux livres nés de morceaux de vie, de pensées, de souvenirs et d’émotions que j’avais besoin de transformer en mots.
Aujourd’hui, je ne cherche plus à effacer les épines de mon histoire. Elles font partie de moi, de mon écriture et de la femme que je suis devenue. Mais je sais aussi qu’elles ne m’empêcheront pas de faire fleurir de belles choses.
Alors j’écris encore. Pour garder une trace de ce que j’ai ressenti, pour donner une forme à ce qui reste parfois sans nom, mais aussi pour partager un peu de cette lumière que j’ai moi-même appris à retrouver.